Quelques jours après le deuxième Tour des élections législatives, les députés de la 16e législature ont été invités ce mardi 28 juin à choisir leur président. Au terme d’un processus de vote qui a conduit à un seconde tour, sans surprise, Yaël Braun-Pivet a été élue par les députés présidente de l'Assemblée nationale. Elle succède ainsi à Richard Ferrand, défait au second tour des élections législatives. Yaël Braun-Pivet est élue à la suite du retrait de la candidature de Sébastien Chenu et de la non-participation des élus RN au deuxième tour. Éphémère ministre des Outre-Mer et présidente de la commission des Lois au Palais-Bourbon sous la précédente législature, celle qui était encore novice en 2017 a été élue au 2e tour par 242 voix, soit la majorité absolue des suffrages exprimés qui était nécessaire. « Qu'il est long et sinueux, le chemin de l'égalité entre les hommes et les femmes ! Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. En me portant à votre présidence, vous donnez aujourd'hui à ce message une portée nouvelle », déclare la nouvelle de la chambre basse du Parlement français.
Yaël Braun-Pivet espère que la nouvelle Assemblée préfèrera « débattre » plutôt que « se battre ». « Les Français nous enjoignent de travailler ensemble », a-t-elle rappelé après son élection. « L'Assemblée doit être une chance pour notre pays », estime celle qui était encore novice en 2017, et qui se retrouve désormais au « perchoir ». Ancienne avocate pénaliste, cette native de Nancy avait mis sa « vocation » entre parenthèses pour suivre son mari, cadre chez L’Oréal, sept ans à Taïwan et au Japon, et élever leurs cinq enfants. Yaël Braun-Pivet n’est véritablement entrée en politique qu’en 2016, à l’occasion de son adhésion à En Marche. Après avoir « toujours voté PS », elle avait occupé le poste de trésorière de la section locale du Parti socialiste à Tokyo au milieu des années 2000, elle considère son arrivée dans le parti d’Emmanuel Macron comme un « prolongement » : « dans l’action sans rester sur des postures ».
Cette descendante de « l’immigration slave, juive polonaise et juive allemande, avec des grands-parents entrés en France avec des visas touristes » dans les années 1930, préfère les débats internes aux bras de fer publics. Opiniâtre, Yaël Braun-Pivet s’est fortement engagée l’année dernière en faveur de la proposition de loi d’Olivier Falorni autorisant l’euthanasie. Elle a aussi cherché à avancer dans la rénovation de la vie démocratique. Son rejet en 2018 de l’inscription du droit à l’avortement dans le préambule de la Constitution l’a rattrapée durant le week-end, après la remise en cause du droit à l’IVG aux États-Unis. « Il n’est nul besoin de brandir des peurs » en France, assurait-elle alors.
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