Ces derniers temps, s’il y a un nom qui trouble le sommeil des dirigeants des pays du monde occidental, c’est bien celui de Vladimir Poutine. Depuis que les militaires russes ont pris position à la frontière ukrainienne, la tension est montée d’un cran. D’ailleurs, malgré quelques velléités diplomatiques, chaque camp campe sur sa position. Les nombreux entretiens téléphoniques entre le Secrétaire d’Etat américain Antony Blinken et Serguei Lavrov ministre russe des Affaires étrangères n’ont pas permis de bouger les lignes. Plus grave, les ballets des convois militaires russes ne sont pas prêts à s’estomper. Des véhicules militaires de transport de carburant, de troupes, de secours, et même des blindés escortés par la police en plein milieu de la circulation. Ils sont visibles à 200 km de Moscou, signe que l’armée russe continue de se déployer à la frontière ukrainienne. Environ 100 000 soldats russes y seraient massés. Ils ont établi leur base dans divers endroits près de la frontière, comme un ancien stockage de munitions abandonné ou dans un ancien aérodrome. Plusieurs observateurs estiment qu’il s’agirait d'une obsession personnelle du président Vladimir Poutine. Tandis que disent qu'il s'agit d'une tentative de retour à une sorte de nouvelle guerre froide.
Depuis lors, les tensions entre la Russie et l'Ukraine ont déclenché des signaux d'alarme dans de nombreux ministères des affaires étrangères du monde entier, qui évoquent ouvertement la possibilité d'une guerre entre les deux pays. En toile de fond de cette escalade, le Kremlin exige que l'Ukraine s'engage à ne jamais rejoindre l'OTAN, fixe des limites aux troupes et aux armements qui peuvent être déployés dans les pays qui ont rejoint cette alliance après la chute de l'Union soviétique et exige le retrait des infrastructures militaires installées dans les États d'Europe de l'Est après 1997. « Ils veulent vraiment revenir aux frontières qui existaient en Europe de l'Est pendant la guerre froide », déclare George Friedman, fondateur de la société internationale de prospective et d'analyse Geopolitical Futures, pour résumer les exigences de Moscou.
De son côté, les Etats-Unis, tête de Gondole de l’OTAN et alliés de l’Ukraine, ont mis en état d'alerte quelque 8 500 soldats à déployer en Europe orientale, envoyé des navires de guerre en mer Noire et ordonné l'évacuation des familles de ses diplomates à Kiev, la capitale ukrainienne. Washington parle de plus en plus d'une menace « imminente » de la Russie au sujet de l'Ukraine. La France qui joue la carte de l’apaisement par le biais de la diplomatie va engager à partir du 7 février prochain une série de discussions. Ainsi, Emmanuel Macron se rendra à Moscou, lundi 7 février, et à Kiev, mardi, afin de tenter d’amorcer une désescalade entre les deux pays. Le président français pourrait aussi, sur la route du retour, faire étape à Berlin, pour s’entretenir avec le chancelier, Olaf Scholz, et le président polonais, Andrzej Duda. Ce voyage s’inscrit, selon l’Elysée, dans un agenda très serré de consultations entre le président de la République et ses homologues occidentaux. Dans la tête de Vladimir Poutine, les intentions sont claires : la Russie veut contrarier les plans du monde occidental à travers le monde Les exemples de la politique russe en Syrie, Centrafrique et Mali sont des illustrations parfaites où le groupe Wagner, une société privée russe, opère en accord avec les gouvernements de ces pays.
1005