Depuis ce samedi, la France préside l’Union européenne pour une durée de six mois. Cette prise de pouvoir a été matérialisée par le remplacement temporaire du drapeau tricolore par celui de l’UE. Il n’en fallait pas pour déclencher la colère de la candidate du Rassemblement national (RN) à la présidentielle Marine Le Pen. Elle l’a fait savoir dans un communiqué de presse. « C’est un véritable attentat à l’identité de notre Patrie, tant ce monument honorant nos gloires militaires, abritant la dépouille du Soldat inconnu et qui constitue de fait un cénotaphe à la mémoire de tous les morts pour la France, incarne le cœur battant de notre Nation et de notre mémoire commune », dénonce-t-elle. Pour donner de la vigueur à son action, elle annonce ce samedi le dépôt d’un recours en annulation et un référé-suspension « dans les prochains jours » concernant l'installation d'un drapeau de l'Union européenne (UE) en lieu et place du drapeau tricolore habituellement présent sur la voûte de l'Arc de Triomphe. C’est pourquoi, elle pointe du doigt le président de la République. « Emmanuel Macron, en cette occasion, a une fois de plus trahi les devoirs de sa charge et manifesté de nouveau son arrogant mépris pour notre Histoire, pour des motifs d’ambition personnelle », affirme-t-elle.
Sonné par cette protestation de Marine Le Pen, le gouvernement est sorti de ses gongs pour se justifier. « Le drapeau français ne figure pas en permanence sous l’Arc de triomphe. Le drapeau européen sera retiré dans quelques jours et le drapeau français sera remis selon les règles habituelles, pour les occasions officielles », s’est défendu le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Clément Beaune. Selon lui, c’est une « polémiques stériles ». Outre la présidente du RN, d’autres leaders politiques français ont réagi en l’occurrence Valérie Pécresse, candidate LR à la présidentielle. Comme Marie Le Pen, elle a demandé le retrait du drapeau européen. « Présider l'Europe oui, effacer l’identité française non ! », a-t-elle dénoncé. La Tour Eiffel et le palais de l'Elysée se sont illuminés, également du couleur de l'Europe : le bleu.
La France a pris samedi pour six mois la présidence tournante de l'Union européenne avec un programme ambitieux, celui d'une Europe « puissante » et « souveraine ». Une ambition noble qui risque d'être phagocytée par la nouvelle flambée de Covid-19 et la présidentielle d'avril. Ainsi, elle succède à la Slovénie, qui présidait le Conseil de l'UE depuis le 1er juillet, et laissera la place au second semestre à la République tchèque. Le Conseil de l'UE représente les intérêts des 27 Etats-membres face à la Commission et au Parlement européens. La présidence semestrielle convoque les réunions des ministres, fixe l'agenda et conduit les négociations. Cette présidence tournante de six mois sera l’occasion pour la France de disposer d'un important pouvoir d'influence afin faire avancer certains sujets notamment l'instauration de salaires minimum dans toute l'UE, la régulation des géants du numérique et la création d'une taxe carbone sur les produits importés en Europe en fonction de leur impact environnemental.
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