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Les « Pandora Papers » mettent à nu l'évasion fiscale de plusieurs chefs d'États et de gouvernements

Quelques années après les Panama Papers, cette nouvelle enquête baptisée « Pandora Papers », a rassemblé plus de 600 journalistes de 151 médias dans 117 pays pendant deux ans. Elle repose sur plus de 11,9 millions de documents provenant de 14 cabinets spécialisés dans la création de sociétés offshore transmis au consortium par une source anonyme. Le rapport dévoile les secrets financiers de 35 dirigeants mondiaux actuels et anciens, de plus de 330 politiciens et fonctionnaires de 91 pays et territoires, ainsi que d’un groupe mondial de fugitifs, d’escrocs, de meurtriers et de barons de la mafia. Dans ce rapport qui contient quelques précieux secrets figurent plus de 29.000 bénéficiaires de sociétés écrans. « C'est plus du double que lors des Panama Papers, qui avaient déjà secoué la planète en 2016. Parmi ces bénéficiaires, 35 chefs d'Etat, 133 milliardaires, quelques stars du ballon rond, de grands criminels, une poignée de figures du show-biz et une majorité d'inconnus ». D’Abdallah II, Tony Blair ou encore Denis Sassou-Nguesso, la liste des dirigeants ou anciens dirigeants épinglés par les « Pandora Papers », la nouvelle enquête du consortium est longue et surtout planétaire. Les personnalités mises en cause sont issues de plus de 90 pays. Preuve que le système s’est enraciné, et que la dissimulation des grandes fortunes derrière des sociétés anonymes offshore reste une pratique bien partagée dans les hautes sphères dirigeantes de nombreux pays.

L’enquête révèle aussi un magot de 13 millions de dollars placés dans un trust tenu secret dans les Grandes Plaines des États-Unis par un descendant de l’une des familles les plus puissantes du Guatemala, une dynastie qui contrôle un conglomérat de savons et de rouges à lèvres accusé de nuire aux travailleurs et à la planète. Il y a aussi le cas de trois maisons en bord de mer à Malibu, achetées par l’intermédiaire de trois sociétés offshore pour 68 millions de dollars par le roi de Jordanie dans les années qui ont suivi les manifestations du printemps arabe en 2011, au cours desquelles les Jordaniens ont protesté contre le chômage et la corruption. Selon l’enquête, le roi Abdallah II de Jordanie aurait créé au moins une trentaine de sociétés offshore, dans des pays ou territoires à fiscalité avantageuse. Par le biais de ces entités, il a acheté 14 propriétés de luxe aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, pour plus de 106 millions de dollars.

Pour rappel, créé en 1997 par le Centre américain pour l'intégrité publique, l'ICIJ est devenu une entité indépendante en 2017. Son réseau compte 280 journalistes d'investigation dans plus de 100 pays et territoires, ainsi que quelque 100 médias partenaires. L'ICIJ s'est fait connaître, début avril 2016, avec la publication des « Panama Papers », une enquête appuyée sur quelque 11,5 millions de documents provenant d'un cabinet d'avocats panaméen