Aller au contenu principal
Le variant Omicron, la nouvelle hantise mondiale

Le nouveau variant Omicron du coronavirus continue sa progression dans le monde, suscitant toujours plus d'inquiétude. Une situation qui a conduit les ministres de la Santé de la France, des Etats-Unis, du Canada, d'Allemagne, d'Italie, du Japon et du Royaume-Uni à se retrouver ce lundi à Londres « pour discuter de l'évolution de la situation sur Omicron », lors d'une « réunion d'urgence », a annoncé Londres, à la tête de la présidence tournante du G7. Selon l'OMS, les données préliminaires suggèrent que le variant Omicron présente « un risque accru de réinfection ». Jamais un variant n'avait provoqué autant d'inquiétude dans le monde depuis l'émergence de Delta, déjà très contagieux. Face à ce risque élevé, des pays comme le Japon, les Etats-Unis, l’Australie, l’Israël ou encore l’Indonésie ont décidé de fermer leurs frontières à certains ressortissants où Omicron a été signalé, tout comme ceux venant de huit pays africains (Afrique du Sud, Botswana, Namibie, Zimbabwe, Lesotho, Mozambique, Eswatini, Nigeria).

 Le variant Omicron a une mutation incroyablement importante. Le professeur Tulio de Oliveira, directeur du Centre for Epidemic Response and Innovation en Afrique du Sud, a indiqué qu'il existe une « constellation inhabituelle de mutations » et qu'il est « très différent » des autres variants qui circulent. « Ce variant nous a surpris, il a fait un grand bond en avant dans l'évolution et présente beaucoup plus de mutations que prévu", dit-il. Lors d'un point de presse, le professeur de Oliveira a indiqué qu'il y a eu 50 mutations au total et plus de 30 sur la protéine de pointe, qui est la cible de la plupart des vaccins et la clé que le virus utilise pour ouvrir la porte des cellules de notre corps. Si l'on s'attarde sur le domaine de liaison aux récepteurs (la partie du virus qui entre en contact avec les cellules de l'organisme), on relève 10 mutations, contre deux seulement pour le variant Delta qui a balayé le monde. Mais ce qui est inquiétant, c'est que ce virus est désormais radicalement différent de l'original qui est apparu à Wuhan, en Chine. Cela signifie que les vaccins, qui ont été conçus à partir de la souche originale, pourraient ne pas être aussi efficaces. Certaines des mutations ont déjà été observées dans d'autres variants, ce qui donne une idée de leur rôle probable dans ce variant.

Du côté des fabricants de vaccins, AstraZeneca comme Pfizer/BioNTech, Moderna et Novavax se sont déclarés confiants dans leur capacité à combattre la souche Omicron. Il faudra « plusieurs semaines » pour comprendre le niveau de transmissibilité et de virulence du nouveau variant, a souligné vendredi l'OMS. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a estimé à « deux à trois semaines » le délai nécessaire aux laboratoires pour déterminer s'ils doivent adapter leur vaccin, appelant dimanche à redoubler de précautions sanitaires pour « gagner du temps » face à cette nouvelle donne qu’elle apparente à une « course contre la montre ».