Le rappeur Booba, accusé de cyber harcèlement par la papesse des influenceurs Magali Berdah, est visé par une information judiciaire ouverte « récemment », a indiqué mercredi une source judiciaire à l’AFP. De son vrai nom Élie Yaffa, le rappeur est accusé depuis plus d’un an par la femme d’affaires et patronne de la puissante agence Shauna Events, spécialisée dans les relations entre de nombreuses personnalités issues de la TV et les marques, d’être le chef d’orchestre d’une campagne de cyber harcèlement à son encontre. Le « Duc de Boulogne », qui vit la majeure partie de l’année aux États-Unis, a été convoqué par un juge d’instruction parisien à une date non précisée par la source judiciaire. Sollicité, l’entourage de Booba n’était pas joignable dans l’immédiat. Sur les réseaux sociaux, l’artiste s’est lancé dans une croisade contre ceux qu’il a baptisés les « influvoleurs », les accusant de multiples arnaques à l’encontre des internautes.
Dans sa ligne de mire dès mai 2022 : Magali Berdah, qu’il accuse de pratiques commerciales trompeuses, à coups d’attaques personnelles et de vidéos non sourcées. Dans la foulée de premiers tweets virulents, Magali Berdah avait déposé une première plainte, suivie de dizaines d’autres. Depuis juin 2022, le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) du parquet de Paris mène des investigations. Dans ce cadre, Booba avait déjà été convoqué, sans se présenter. En revanche, 28 personnes ont reçu une convocation pour comparaître devant le Tribunal correctionnel de Paris, selon un bilan actualisé obtenu mercredi. Ces personnes, « hommes et femmes », « résidant partout en France », y seront jugées pour cyber harcèlement aggravé, menaces de mort ou encore menaces de crime, a précisé le parquet. Il leur est reproché des messages tels que « On va te brûler », « Va mourir salope », « Je vais t’violer salope »… adressés à Magali Berdah sur les réseaux sociaux. Cette dernière « accueille avec soulagement le travail effectué par la justice en réponse au cyber harcèlement massif dont elle est la cible depuis plus d’un an », ont réagi auprès de l’AFP ses avocats Mes Antonin Gravelin-Rodriguez, Rachel-Flore Pardo et David-Olivier Kaminsky.
L’infraction de cyber-harcèlement a été créée par une loi de 2018. Elle peut être constituée dès lors que plusieurs personnes s’en prenant à une même victime savent que leurs propos ou comportements caractérisent une répétition, sans que chacune de ces personnes ait agi de façon répétée ou concertée. Outre l’instruction visant Booba, vingt-huit personnes vont être prochainement jugées devant le tribunal correctionnel de Paris pour cyber-harcèlement aggravé, menaces de mort ou encore menaces de crime à l’encontre de Berdah, a précisé mercredi le parquet. Une première audience dite de « mise en état » doit avoir lieu à la fin d’août pour ces vingt-huit prévenus. Par ailleurs, la plainte contre Twitter pour complicité de cyber-harcèlement, déposée par Mme Berdah en avril, est encore à l’étude au parquet de Paris.
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