Le prix le plus prestigieux de la littérature française a été attribué ce lundi à Hervé Le Tellier avec L’Anomalie. « On ne s’attend jamais à un prix comme le Goncourt. D’abord on n’écrit pas pour l’avoir, et puis on ne peut pas s’imaginer l’avoir », a déclaré le lauréat, aux côtés de son éditeur, Antoine Gallimard avant d’ajouter : « Ce n'était pas du tout dans mes projets ». En dépit de ce désintéressement, il a été retenu par le Jury présidé par Didier Décoin avec 8 voix. Etaient également en course pour cette édition 2020 du Prix Goncourt « Impatientes » de Djaïli Amadou Amal, Thésée, sa nouvelle vie de Camille de Toledo et L’Histographie du royaume de Maël Renouard. Pour rappel en 2019, le Goncourt avait été remporté par Jean-Paul Dubois, avec « Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon ». Quant au 33e prix Goncourt des lycéens, il sera proclamé ce mercredi 2 décembre, soit deux jours après son grand frère le Goncourt, à l’issue d’une réunion en visio-conférence d’un jury national de lycéens, selon un communiqué de la Fnac.
« L’Anomalie », huitième roman d’Hervé Le Tellier, raconte les suites d’un événement étrange, à savoir qu’un vol Paris-New York se reproduit deux fois, avec les mêmes passagers, à quelques mois d’intervalle. Le récit, haletant, convoque avec brio tous les genres, roman noir, récit littéraire classique ou encore procès-verbaux d’interrogatoire. « L'idée c'est que puisque Trump est là, puisque Trump est la cause de la destruction du monde. La vision du livre c'est de proposer une autre version du monde, où Biden est président, C'est une option possible de lecture. (...) Les livres offrent des options il n'y a pas de dénouement en littérature, il y a des nœuds, et moi je l'ai noué comme ça », fait savoir le lauréat selon des propos rapportés par Le Figaro.
Hervé Le Tellier est un écrivain français né le 21 avril 1957. Auteur de romans, nouvelles, poésies, théâtre. Il a été coopté à l'Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) qui une association d’écrivains qui composent en se fixant, par jeu, des contraintes, en 1992 (simultanément au poète allemand Oskar Pastior), et a publié sur l'Ouvroir un ouvrage de référence : Esthétique de l'Oulipo. Il participé à l'aventure de la série « Le Poulpe », avec un roman, La Disparition de Perek, adapté également en bande dessinée. Mathématicien de formation, puis journaliste, également diplômé du Centre de formation des journalistes à Paris (promotion 1983) il est linguiste et spécialiste des littératures à contraintes. Éditeur, il a fait publier plusieurs ouvrages au Castor Astral comme What a man !, de Georges Perec, et Je me souviens de Roland Brasseur. Il collabore quotidiennement, depuis 2002, à la lettre électronique matinale du journal Le Monde, par un billet d'humeur intitulé Papier de verre. Aussi, il collabore à l'émission de France-Culture "Les papous dans la tête".
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