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Le créateur de Kenzo, encore une autre grosse victime du Covid-19

Le créateur japonais est décédé hier à l'âge de 81 ans des suites du Covid-19, à l'hôpital américain de Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine). Le monde de la mode a perdu dimanche, en pleine Fashion week parisienne, une de ses légendes. Le créateur de mode japonais Kenzo, selon une annonce d'un porte-parole de sa marque éponyme. Amoureux de Paris et de la mode, l’homme est décédé dans les environs de la capitale, ville de passion pour lui et où il a su briller, exploit rare dans la mode. Une disparition qui a mis en émoi toute la ville de Paris à commencer par Anne Hidalgo, la maire. « Immense tristesse d’appendre la disparition de Kenzo. Quel créateur ! Il avait donné à la couleur et à la lumière toute leur place dans la mode. Paris pleure aujourd’hui un de ses fils. Pensées à sa famille, ses proches et toutes celles et ceux qui l’ont aimé » a-t-elle réagi sur Twitter. Et les hommages continuent pour ce célèbre créateur japonais. « Large sourire, yeux éternellement rieurs encadrés de lunettes rondes, Kenzo Takada incarne la joie de vivre. Au fil du temps, cette dernière est même devenue son fil créatif, se traduisant par l’association - et même fusion - de couleurs, de motifs à la fois animaliers, floraux et géométriques qui rendent son style si personnel », lui a rendu hommage K-3, la marque dédiée à l’art de vivre qu'il avait lancée en début d'année. 

Né le 27 février 1939 à Himeji près d'Osaka, Kenzo Takada s'est passionné pour le dessin et pour la couture, enseignée à ses soeurs. Il est arrivé en France en 1965, par bateau dans le port de Marseille, et est monté à Paris. Lui qui pensait n'être que de passage s'y est installé définitivement. Sa première collection date de 1970, conçue depuis une boutique de la Galerie Vivienne. Il déménage en 1976 vers un lieu plus grand, place des Victoires, et fonde sa marque sous son seul prénom.

Sa première ligne pour hommes date de 1983, son premier parfum (Kenzo Kenzo) en 1998. Pionnier des créateurs japonais installés à Paris, cinquième d'une famille de sept enfants, fils du propriétaire d'une maison de thé, Kenzo s'intéresse dès l'enfance à la mode, qu'il découvre à travers les magazines de ses sœurs. Devenu adulte, il quitte l'université de Kobe pour rejoindre une école de mode à Tokyo, qui vient de s'ouvrir aux garçons. Sitôt son diplôme en poche, le Japonais rejoint Marseille en bateau et débarque à Paris en 1964. Il s'y installera définitivement. « Je suis arrivé à la gare de Lyon le soir du 1er janvier 1965. Il faisait nuit et la gare était vieille, sale, noire. J'ai pris un taxi et ma première impression de Paris a été lugubre, sombre. (...) Puis le taxi est passé à côté de Notre-Dame (...) Elle était majestueuse. Cela m'a un peu consolé », racontait-il dans "Kenzo Takada", un livre qui lui était consacré en 2018. Sa première ligne pour hommes date de 1983, son premier parfum (Kenzo Kenzo) de 1988. Sa griffe est ensuite rachetée par le groupe de luxe LVMH, pour moins d’un demi-milliard de francs (73 millions d’euros). Kenzo Takada quitte la mode en 1999, pour en finir avec le rythme infernal des collections et se consacrer des projets plus ponctuels. « J’ai 60 ans et 30 ans de carrière. Depuis longtemps je voulais profiter de la vie, voyager, voir des amis », avait-il expliqué alors à l’AFP.