Le Centre Pompidou épouse l’ère du déconfinement. Dans un communiqué, le Musée national d’art moderne a confirmé sa réouverture au public le 1er juillet 2020. En prélude à cette reprise des activités, la direction a dévoilé les contours en respectant les mesures barrières et la distanciation sociale : la réservation d’un créneau horaire en ligne pour la visite des expositions temporaires et des collections. Et, afin de respecter la norme d’un visiteur pour 4m2, des jauges maximales sont mises en place : 200 personnes dans les espaces d’expositions et 816 personnes dans le reste du musée. « Nous voulons à la fois déconfiner le plaisir de l’art et montrer comment l’art peut saisir le monde, s’engager », a situé Serge Lasvignes, président du Centre Pompidou. Dans le même temps, il a mis au grand jour le programme de cette réouverture qui s’articulera autour de la programmation de l’exposition suspendue par le confinement mi-mars, « Christo et Jeanne-Claude, Paris ! » qui prend un relief particulier après la mort de Christo et ouvrira le même jour que le musée. La grande exposition Matisse sera accueillie comme prévu à l’automne.
Le point d’ogre est fin pour fin juillet. A cette période, la collection « Global(e) Résistance » dévoilera des œuvres de plus d’une soixantaine d’artistes réunies au cours de la dernière décennie : une majorité est issue des « Suds » (Afrique, Moyen-Orient, Asie, Amérique latine), avec l’ambition d’« examiner les stratégies contemporaines de résistance ». L’expo évoquera la contestation politique à l’heure des décolonisations et de l’effondrement des idéologies communistes après 1989, tout en abordant les relectures actuelles de l’histoire. En marge de cette réouverture, un débat grand public est dans les tuyaux. Il réunira les chercheurs et les artistes autour de la thématique « pour éclairer le sujet brûlant de la mobilisation contre les discriminations raciales », a précisé le Centre Pompidou. Dans le même temps, association avec la Ville de Paris et le Secours populaire, plus de 200 enfants des centres aérés, centres sociaux ou foyers auront l’opportunité d’être accueillir dans des ateliers, visites, rencontres pendant l’été. Une opération « 6 murs, 6 artistes » invitera les jeunes à créer en extérieur, après la longue période de confinement à domicile. Des artistes dont Treize Bis, Lor-K, Anne-Laure Maison, Eltono, Rebus et Gilbert1 proposeront des ateliers de création.
En 1969, le Président Georges Pompidou décide d’affecter le plateau Beaubourg à la construction d’un centre culturel pluridisciplinaire d’un type entièrement nouveau. Il s’agit alors d’une nouvelle impulsion donnée à plusieurs projets que le futur centre culturel est appelé à rassembler : la construction, au centre de Paris, d’une bibliothèque de lecture publique accessible au plus grand nombre ; la réhabilitation du musée national d’art moderne (MNAM), installé trop à l’étroit dans l’une des ailes du Palais de Tokyo ; le projet d’un centre de création musicale (IRCAM) organisé selon les vues du compositeur français Pierre Boulez. Outre la création d’une nouvelle bibliothèque et le transfert du musée, le projet englobait les activités du Centre d’art contemporain, installé rue Berryer et l’équipe qui, autour de François Mathey, avait développé, au sein du musée des Arts Décoratifs, une politique dynamique d’expositions d’art contemporain. Dès son ouverture au public, le 2 février 1977, il rencontre un immense succès. Situé dans le quartier Saint-Merri, à Paris 4e, entre le quartier des Halles, à l'ouest, et le Marais, à l'est, il devient vite l’un des lieux culturels les plus fréquentés au monde et l’un des monuments les plus visités de France.
1939