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La panthéonisation de Joséphine Baker le 30 novembre prochain

Après Simone Veil, Sophie Berthelot, Marie Curie, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, Joséphine Baker sera la sixième femme à faire son entrée au Panthéon. Selon le Parisien, le président de la République, Emmanuel Macron, a décidé de panthéoniser cette artiste, militante de la liberté et de l'égalité. Ainsi, Joséphine Baker deviendra ainsi la première femme noire à reposer dans ce temple républicain, installé dans le 5ème arrondissement de Paris. Examiné en juin dans un premier temps par Emmanuel Macron, le dossier en faveur de l'interprète de la célèbre chanson "J'ai deux amours" a été boosté par une pétition pour réclamer la panthéonisation de l'artiste. Celle-ci fut lancée il y a deux ans par Laurent Kupferman, aidé dans sa tâche par notamment « le romancier Pascal Bruckner, le chanteur Laurent Voulzy, l’entrepreneuse Jennifer Guesdon et surtout Brian Bouillon-Baker, un des fils de Joséphine Baker ».

A son temps, la pétition avait rassemblé 38 000 signatures. « Artiste, première star internationale noire, muse des cubistes, résistante pendant la Seconde Guerre mondiale dans l'Armée française, active aux côtés de Martin Luther King pour les droits civiques aux Etats-Unis d'Amérique et en France aux côtés de la Lica (...) nous pensons que Joséphine Baker, 1906-1975, a sa place au Panthéon », fait valoir le texte. Pour Laurent Kupferman, cette passion grandissante s'explique par la modernité des combats qu'elle a menés : « Joséphine Baker était une femme libre et engagée, féministe, résistante et une militante engagée contre le racisme et l'antisémitisme. Dans un monde replié sur lui-même où les communautarismes et le racisme sont exacerbés, son combat trouve aujourd'hui une résonance toute naturelle ». 

 Joséphine Baker, née Freda Josephine McDonald le 3 juin 1906 à Saint-Louis, au Missouri (USA), et morte le 12 avril 1975 dans le 13e arrondissement de Paris, est une chanteuse, danseuse, actrice, meneuse de revue et résistante française d'origine américaine. Première star internationale noire, muse des cubistes, Joséphine Baker est aussi une fervente patriote qui s'engagea entièrement dans la Résistance lors de la Seconde Guerre mondiale. Dès 1939, son dévouement pour la France est total. Devenue française par son mariage, en 1937, avec Jean Lion (de son vrai nom Levy), un industriel juif, elle utilise sa notoriété pour faire passer des messages de la plus haute importance, dissimulés dans ses corsages, à la barbe de douaniers trop occupés à lui demander des autographes. Elle s'immisce dans des réceptions données dans les ambassades étrangères pour recueillir de précieux renseignements sur les mouvements des troupes allemandes et de ses alliés. Elle écrit à ses 4 000 filleuls de guerre pour apaiser les tourments et remet l'intégralité des cachets de ses concerts à l'armée française. Elle fera même du château des Milandes, qu'elle loue à cette époque, un noyau dur de la Résistance. Elle engloutit toute sa fortune dans le domaine des Milandes, où elle emploie un personnel nombreux, et doit multiplier les concerts pour poursuivre son œuvre.