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La France va restituer 26 œuvres d’art au Bénin

Le musée du quai Branly - Jacques Chirac a exposé une dernière fois 26 œuvres d'art du Bénin avant leur restitution à leur pays d'origine. Ces œuvres d'art, des statues totem de l'ancien royaume d'Abomey ainsi que le trône du roi Béhanzin, pillés lors de la mise à sac du palais d'Abomey par les troupes coloniales en 1892, font actuellement l'objet d'une exposition spéciale dans le musée parisien où elles appartenaient jusqu'à présent aux collections. Lors de son discours à Ouagadougou en 2017, le président français Emmanuel Macron avait affirmé que les conditions devaient être réunies d'ici cinq ans pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique. La restitution fait l'objet d'une loi spéciale votée fin 2020. En principe, le code du patrimoine interdit ce type de transfert de propriété, il stipule que les biens culturels des musées de France sont inaliénables et ne peuvent pas être cédés. « Il y a un problème d'atteinte à un principe fondamental qui est dans l'ADN des musées français. Les biens africains sont les meilleurs ambassadeurs de l’ Afrique en Europe. C’est ça le musée à la française », souligne Yves-Bernard Debié, avocat spécialiste du marché de l'art.  Il ajoute : « Si on part de ce principe que les biens africains en Afrique et les bien esquimaux aux Inuits, c’est contraire au principe d’universalité des musées français ».

Selon des experts, 85 à 90% du patrimoine africain se trouverait hors du continent. Depuis 2019, outre le Bénin, Sénégal, Côte d'Ivoire, Ethiopie, Tchad, Mali, Madagascar ont soumis des demandes de restitutions. Au moins 90.000 objets d'art d'Afrique subsaharienne sont dans les collections publiques françaises. 70.000 d'entre elles au Quai Branly, dont 46.000 arrivées durant la période coloniale. Depuis trois ans, le musée spécialisé dans les arts et Civilisations d’Afrique, d’Asie, d’Océanie et des Amériques enquête pour déterminer le nombre d’œuvres volées parmi ses 300 000 œuvres. « Tous les objets qui sont dans les collections en Europe n’ont pas été volés », souligne dans une interview à l’AFP Emmanuel Kasarhérou. « Les critères qui ont servi de base à cette restitution, c’est la violence, le fait d’acquérir les objets sans le consentement de son propriétaire », a-t-il expliqué. « Il s’agit d’isoler les œuvres en rapport par exemple avec des opérations militaires. On fait ensuite des recherches pour vérifier s’ils ont été acquis par des modes licites ou illicites » précise le président du musée du Quai Branly.

De retour au Bénin, les 26 œuvres seront d’abord déposées dans un lieu de stockage, puis dans d’autres lieux de manière pérenne : à l’ancien fort portugais de Ouidah et à la maison du gouverneur, lieux historiques de l’esclavage et de la colonisation européenne, en attendant la construction d’un nouveau musée sur l’épopée des Amazones et des rois du Danhomé, à Abomey, capitale historique de l’ancien royaume.