La République démocratique du Congo, pays d’Afrique centrale, pleure une icône de sa musique. Ce samedi 10 décembre 2022, elle s’est réveillée par la triste nouvelle de la disparition d’Elisabeth Tshala Muana. Cette célèbre chanteuse a rendu son dernier soupir. « Aux premières heures de ce matin, le bon Dieu a pris la décision de prendre en charge la nationale Mamu Tshala Muana. Que le bon Dieu soit glorifié pour tous les bons moments qu'elle nous a donnés sur cette terre. Adieu Mamu de ma part », a posté Claude Mashala sur son compte Facebook, rapporte plusieurs kinois. Avec plusieurs décennies de carrières musicales, Tshala Muana était l’une des rares artistes musiciens congolais qui a gardé sa musique au fil des générations. Le 7 août 2022, la reine du mutuashi a séjourné en Côte d’Ivoire lors de la célébration des 45 ans de musique de la diva ivoirienne Aïcha Koné. C’était l’une de ses dernières apparitions publiques.
Rappelons qu’en juin 2020, de folles rumeurs ont circulé dans le milieu du showbiz africain, annonçant le décès de la chanteuse congolaise Tshala Muana, appelée également « la mamu nationale ». A l’époque, la famille de l’artiste musicienne avait réagi vigoureusement. Selon elle, il s’agissait un fake news : « Non, Tshala Mwana n’est pas morte, mais elle est plutôt hospitalisée depuis quelques jours et dans un état plus ou moins préoccupant après une crise d’hypertension artérielle ».
Chanteuse, danseuse, productrice, actrice et femme politique congolaise, Élisabeth Tshala Muana Muidikayi, de nationalité congolaise, originaire du Kasaï Occidental, née le 13 mai 1958 à Élisabethville (Ndlr, aujourd'hui Lubumbashi). Elle est célèbre pour avoir modernisé et donné ses lettres de noblesse au folklore du peuple Luba, le Mutuashi. Elle a été surnommée « Reine du Mutuashi ». Tshala Muana est aussi appelée par les Congolais « Mamu Nationale » (mère de la Nation). Tshala Muana, deuxième d’une fratrie de dix enfants, est la fille d’Amadeus Muidikayi, militaire, et d’Alphonsine Bambiwa Tumba, mère au foyer. Elle est élevée par sa mère, qui décède en 2005. S’étant toujours montrée discrète sur sa vie privée, la rumeur lui a prêté plusieurs relations, notamment avec l’ancien président Laurent-Désiré Kabila. Outre la musique, elle a fait carrière dans la politique. En effet, de 2000 à 2002, elle siège comme députée au sein de l’ACLPT (Assemblée constituante et législative du Parlement de transition). Elle devient ensuite présidente de la Ligue des femmes du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie), parti politique créé en 2002 par le président Joseph Kabila, fonction qu'elle occupe toujours. En 2011, elle est battue aux législatives dans la circonscription de Kananga, la ville de son enfance ; l'élection fut, selon elle, truquée. Depuis son engagement politique, Tshala Muana est une chanteuse à succès de chants politiques et patriotiques. Son soutien au président Joseph Kabila lui vaut l'inimitié des opposants à ce dernier. En raison du boycott politique de ses concerts, sa dernière production scénique à Paris date de 2010.
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