Aller au contenu principal
La cantatrice Mady Mesplé s’est éteinte

La nouvelle du décès de Mady Mesplé est tombée comme un couperet samedi 30 mai 2020. Elle émane du Théâtre du Capitole de Toulouse. Une enceinte culturelle où la cantatrice a passé le clair de sa vie. D’ailleurs, Christophe Ghristi, le directeur du Théâtre du Capitole de Toulouse lui a rendu un vibrant hommage. « « C’est une des grandes figures de la vie lyrique française de l’après-guerre. Elle avait une voix très cristalline avec des aigus et des sur aigus… c’était phénoménal », s’est-il souvenu. Après quoi le ministre de la culture, Franck Riester lui a emboité le pas. Pour lui, Mady Mesplé, durant sa carrière, a porté haut la culture française.  « Une grande dame vient de nous quitter .Elle pouvait tout interpréter, avec justesse et sensibilité et aura contribué à faire rayonner notre culture sur les scènes du monde entier », a-t-il reconnu via son compte Twitter. Toujours selon le Théâtre Capitole de Toulouse, elle serait morte chez elle, entourée de sa famille, dans son appartement du centre de Toulouse, à 200 mètres du Capitole. La maladie de Parkinson dont elle était atteinte  et qui l’a tenue à l’écart du Théâtre du Capitole, l’a finalement emportée.

Elle avait fait de la musique sa passion. C’est pourquoi, Mady Mesplé a abordé plusieurs répertoires durant son parcours à savoir : opérette, opéra, musique contemporaine. Pourtant son souhait était d’être une pianiste. Mais sa voix et le destin en ont décidé autrement. « Le chemin était tout tracé. Je n’ai pas l’impression d’avoir choisi. J’avais une voix juste, et ça c’est un don. Qu’est-ce qu’on peut faire contre cela ou pour cela ? », s’est interrogée Mady Mesplé lors d’une interview accordée à France-Musique. Alors qu’elle se plaignait de la nature de sa corde vocale. « Elle disait qu’elle n’aimait pas la nature de sa voix, c’était étonnant de l’entendre avouer ça », avoue le directeur du Théâtre Capitole.

Que de chemins parcourus pour en arriver à cette consécration. Tout débuta en 1950. C’est avec son interprétation dans Lakmé, un opéra de Léo Delibes, à Liège, qu’elle a fait ses premiers. Ce qui fut un succès. A cette époque, Lakmé était pour les sopranos coloratures françaises, le rôle phare. Après ses débuts tonitruants, elle enchaîna dans les rôles-titres de Lucia di Lammermoor de Donizetti, en poupée Olympia (Les Contes d’Hoffmann d’Offenbach) et dans les airs de la Reine de la nuit (La Flûte enchantée de Mozart). Ce qui lui a permis de faire montre de ses qualités dans les plus grandes salles du monde (New York, Pékin, Shanghai, Toronto, Rome).

Née le 7 mars 1931 à Toulouse dans une famille de mélomanes, elle débute le solfège à 4 ans et entre à 7 ans au conservatoire. Outre sa carrière musicale, elle fut professeur aux conservatoires nationaux de région de Lyon, Bordeaux et Saint-Maur-des-Fossés et a organisé de nombreux masters classes (notamment à l'abbaye de Sylvanès) et au CNIPAL. Elle a été durant plusieurs années professeur à l'École normale de musique de Paris. Avant sa disparition, elle a reçu plusieurs distinctions. En 2000, Officier de la Légion d’honneur avant d’être en 2009 Grand officier de l'ordre national du Mérite par la ministre de la culture. La médaille de Commandeur de la Légion d'honneur, lui a té remise par Nicolas Sarkozy au Palais de l'Élysée en 2011. Pour l’occasion, elle était entourée de ses proches dont Georges Prêtre, Jacques Godfrain, et Alain Lanceron.