Longtemps dans le viseur, Didier Raoult connaît désormais son sort. Le conseil régional de l'Ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine a rendu son verdict. Chargé d'examiner les plaintes déposées contre le médecin médiatique, il l'avait convoqué il y a un mois pour une audience. Après plusieurs semaines donc, la chambre disciplinaire de l'Ordre des médecins lui a infligé comme sanction un « blâme ». L'instance a publié cette sanction, la deuxième en importance après le simple avertissement, sans l'assortir de ses motivations. Pour rappel, Didier Raoult était visé par deux plaintes déposées par le conseil départemental des Bouches-du-Rhône de l'ordre des médecins et le conseil national de l'ordre des médecins. Il lui était reproché d’avoir fait la promotion de l’hydroxychloroquine pour traiter le Covid-19, « sans données scientifiques établies », ce qui s’apparente à du « charlatanisme », avait affirmé la rapporteure de la chambre disciplinaire lors d’une audience le 5 novembre à Bordeaux, délocalisée loin de Marseille. Le chercheur était aussi accusé d’avoir pris des « risques inconsidérés » en soignant des patients avec ce traitement « non éprouvé par la science », avait-elle ajouté. Déposées sur la base de plusieurs signalements initialement effectués par la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF), les plaintes accusaient également le Pr Raoult d’avoir enfreint, par sa communication, l’article 56 du code de déontologie, en « manquant à son devoir de confraternité » envers d’autres médecins.
La chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins de Nouvelle-Aquitaine a indiqué qu’elle communiquera ses motivations dans les prochains jours. Il a ajouté que le professeur Didier Raoult encourt une deuxième sanction d’une importance capitale qui pourrait aller d’un simple avertissement jusqu’à l’interdiction d’exercer. Contacté par l’AFP, Didier Raoult n’avait pas réagi peu après l’annonce de la décision, et le porte-parole de l’Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection (IHU), qu’il dirige, n’a pas fait de commentaire. En plus de cette procédure, le professeur Raoult est également visé, avec l'IHU qu’il a créée en 2011, par plusieurs autres enquêtes sur les conditions dans lesquelles l'institut a conduit ses études autour du Covid-19. A la retraite depuis plusieurs semaines, il va bientôt devoir quitter ses fonctions au sein de l'établissement marseillais.
Rappelons que le professeur Didier Raoult avec son traitement à la chloroquine, avait captivé lors des premières semaines de la propagation du virus sur le territoire français. En effet, au début de la crise du Covid-19, le directeur de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection (situé à Marseille) a annoncé avoir trouvé le « remède-miracle » à même de soigner les patients atteints, malgré une méthodologie plus que contestée. Résultat : l'hydroxychloroquine, dérivé de la chloroquine, a connu un engouement inédit, certains scientifiques, politiques et citoyens réclamant son utilisation massive, finalement encadrée en milieu hospitalier par un décret. Mais une grande partie de la communauté scientifique conteste son utilisation, dans l'attente d'études cliniques fiables, mettant notamment en avant les dangers de l'automédication et les nombreux effets secondaires potentiels de ce traitement.
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