L’humoriste controversé Dieudonné a été condamné à de multiples reprises pour incitation à la haine ou injures raciales, notamment en lien avec la chanson « Shoa nanas », jugée antisémite. Or voilà que le Français présente ses excuses à la communauté juive dans une lettre ouverte. Est-ce une démarche sincère ? Un coup de pub ? Une nouvelle provocation ? La démarche est en tout cas « pour le moins inattendue », souligne « Le Parisien », qui ne sait pas trop quoi en penser. Quoi qu’il en soit, le mensuel franco-israélien « Israël Magazine » a décidé de publier cette lettre ouverte mardi sur son site. Directeur de la rédaction, André Darmon devait rencontrer l’humoriste. Il a finalement choisi de lui ouvrir ses colonnes. « Après réflexion, j’ai préféré que l’humoriste écrive ce qu’il avait à dire à ceux qu’il avait tant maltraités, les Juifs, et auxquels il voulait demander pardon. Je vous laisse simplement juges, vous, lecteurs », écrit celui qui a été président de la communauté francophone d’Israël.
Alors que dit Dieudonné ? Son texte est titré « Je demande pardon ». Après une pensée pour ses proches, qu’il dit avoir délaissés par passion de son métier, le Français écrit : « Je tiens à demander pardon à toutes celles et ceux que j’ai pu heurter, choquer, blesser au travers de certaines de mes gesticulations artistiques. Je pense notamment à mes compatriotes de la communauté juive, avec lesquels je reconnais humblement m’être laissé aller au jeu de la surenchère ». « C’est vrai, j’ai parfois été trop loin et fais preuve d’outrances, de provocations déplacées », enchaîne Dieudonné. Puis : « Pour toutes ces fautes et excès, je demande pardon. Mon ambition était de faire rire tout le monde, et la communauté juive fait partie de mon monde ».
Aussi, il a déclaré : « Entendons-nous bien, je ne me cherche aucune excuse, aucune circonstance atténuante car nul n’en a lorsqu’il peut constater qu’il a nui à son prochain, je demande tout simplement pardon pour le mal que j’ai pu faire même sans le vouloir ». Dieudonné ne précise pas quel sketch, vidéo ou propos il regrette. Désormais, dit-il, « je veux apporter ma pierre à l’édifice de la réconciliation dans un contexte de tensions générales exacerbées », avant de partir au Cameroun. Finissant sa lettre en remerciant Israël Magazine de l’avoir publiée, il se présente comme « un être imparfait mais sincère qui cherche à réparer ses erreurs et ses fautes ». André Darmon n’a pas de certitude sur cette lettre ouverte. Mais estime que la démarche « paraît sincère ». « L’avenir confirmera l’authenticité ou non de la démarche de l’artiste », commente de son côté le quotidien français.
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