Un monstre du cinéma français s’est couché à jamais ! Il s’agit de Jean-Paul Belmondo. Géant du cinéma français, Jean-Paul Belmondo est décédé à l'âge de 88 ans, selon son avocat. Il a écrit l’une des plus pages de l’histoire du 7e art de France. Il a tourné dans 80 films avec une popularité phénoménale : 160 millions d’entrées cumulées en France, dont une moyenne de 3,5 millions par film entre 1975 et 1985. Sa carrière cinématographique décolle en 1959, grâce à Godard. Le réalisateur choisit Jean-Paul Belmondo pour interpréter le séduisant voyou Michel Poiccard dans « À Bout de souffle ». On découvre son style désinvolte dans cette descente des Champs-Élysées avec Jean Seberg, les mains dans les poches et la clope au bec. Ensuite, il enchaîne les rôles sur grand écran. Nouvelle Vague (Jean-Luc Godard, Claude Chabrol), cinéma italien (Vittorio De Sica), polar (Jean-Pierre Melville) ou encore films d’aventures (Philipe de Broca)… le comédien s’adapte à tous les genres. Figure de proue de cette nouvelle génération de comédiens beaux gosses, statut qu’il se dispute avec Alain Delon, l’acteur va alors se frotter à la vieille garde.
En 1962, le réalisateur Henri Verneuil s’attache ses services pour affronter la légende Jean Gabin dans « Un singe en hiver », adaptation devenue culte d’un roman d’Antoine Blondin. Sept ans plus tard, c’est aux côtés de Bourvil qu’il interprète un brigand à la petite semaine dans ce qui restera comme son plus grand succès au box-office, « Le Cerveau » de Gérard Oury (plus de 5,5 millions d’entrées). Après s’être blessé en exécutant une cascade sur le tournage de « Hold-Up », Belmondo abandonne progressivement les plateaux de cinéma pour les théâtres où il campe des personnages mythiques du répertoire français, tel Cyrano de Bergerac dans le costume duquel il partira en tournée internationale. En 1988, alors qu’il fête ses 30 ans de carrière, Jean-Paul Belmondo reçoit le César du meilleur acteur pour son rôle dans « Itinéraire d’un enfant gâté ». À partir des années 2000, ses ennuis de santé l’éloignent peu à peu de son métier d’acteur. Régulièrement, il retrouve toutefois la scène. Non pas pour y jouer mais pour y être honoré. Comme en 2011 au Festival de Cannes où il se voit décerner une Palme d’honneur pour l’ensemble de son immense carrière. Ou en 2013 au Festival Lumière de Lyon où quelque 4 500 personnes l’acclament lors d’une cérémonie d’hommage. « Belmondo, ce n'est pas seulement le nom d'une star de cinéma, ce n'est pas seulement le nom d'un homme, c'est un verbe, qui représente la vitalité, le charisme, une force de l'Esprit. Cela représente la ‘supercoolitude’. Voilà ce que veut dire Belmondo ! Voici le roi ! », s’était enthousiasmé le réalisateur Quentin Tarantino alors présent à cette cérémonie d’hommage à l’AS du cinéma français. Avec sa disparition, c’est une page entière du cinéma français qui s’en est allée mais sa légende restera encore vivace dans les esprits.
Né le 9 avril 1933 dans la très cossue Neuilly-sur-Seine, Jean-Paul Belmondo a grandi au sein d’une famille d’artistes. Son père, Paul Belmondo, sculpteur reconnu, et sa mère, Sarah Rainaud-Richard, artiste-peintre, peinent toutefois à intéresser leur fils aux choses de l’art. Quant aux études… Le jeune homme n’a en fait d’yeux que pour le sport, la boxe en particulier qu’il pratique assidûment. Envoyé à l’âge de 16 ans en Auvergne pour guérir une infection pulmonaire, il prend la décision de se consacrer au théâtre.
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