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L’OTAN toujours contre la création d’une zone d’exclusion aérienne en Ukraine

Les membres de l'OTAN ont rejeté ce vendredi la demande de Kiev de créer une zone d'exclusion aérienne en Ukraine pour éviter de se laisser entraîner dans le conflit. « La question a été évoquée et les Alliés sont convenus que nous ne devrions pas avoir d'avions de l'OTAN opérant dans l'espace aérien ukrainien ou des troupes de l'OTAN au sol, car nous pourrions nous retrouver avec une guerre totale en Europe », a expliqué Jens Stoltenberg au terme d'une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de l'Alliance à Bruxelles. Qu’à cela ne tienne, l'OTAN a renforcé ses défenses à l'Est avec le déploiement pour la première fois de sa force de réaction rapide, l'envoi des milliers de soldats de l'Alliance dans les pays du flanc oriental, la mise en alerte de plus 130 avions de combat et plus de 200 navires en mer. « Il s'agit de la réponse immédiate de l'Otan et elle sera renforcée si nécessaire », a-t-il assuré. Une réunion des ministres de la Défense de l'OTAN a été convoquée le 16 mars pour « prendre les décisions qui s'imposeront », a-t-il précisé.

Dans le même temps, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a remercié les pays de l'alliance militaire de l'OTAN qui ont envoyé des munitions et des armes pour aider à résister à l'invasion russe, mais a plaidé pour plus d'aide. « Aidez-nous », a-t-il lancé dans une vidéo sur Facebook, avant de rétorquer : « Si vous ne le faites pas, je crains que vous ne deviez partager la responsabilité de la vie et des souffrances des Ukrainiens civils, qui sont morts à cause des pilotes russes impitoyables qui leur lancent des bombes ». Poursuivant, Dmytro Kuleba a déclaré qu'il était convaincu qu'un moment viendra dans la guerre où l'Europe deviendra « disposée à nous fournir littéralement tout ce dont nous avons besoin pour empêcher Poutine de vous frapper » et de transformer l'Europe en « cauchemar ».

Ce vendredi marque le neuvième jour des combats avec son lot de milliers de déplacés pour la plupart dans les voisins comme la Pologne, la Moldavie, la Roumanie ou encore la Slovaquie.  C’est dans ce contexte tendu que la centrale nucléaire de Zaporijia a été bombardée par les Russes, mais les lieux ont été sécurisés, a rassuré l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Les niveaux de radioactivité restent inchangés autour de la centrale. Pour le président Volodymyr Zelensky, Moscou a tenté de « répéter » la catastrophe de Tchernobyl. Aussi, l'Ukraine table sur un troisième round de négociations avec la Russie ce week-end. « La troisième étape peut avoir lieu demain ou après-demain, nous sommes en contact permanent », a indiqué l'un des négociateurs ukrainiens, Mykhaïlo Podoliak, conseiller du chef de l'administration présidentielle. Lors d'une conférence de presse à Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine, il a précisé que les Ukrainiens n'attendaient que l'accord des Russes pour retourner à la table des négociations.