Ce mardi 12 octobre, la ministre des Armées, Florence Parly, annoncé le décès d’Hubert Germain, résistant de la première heure sans préciser la date exacte de la disparition de celui qui était le dernier des compagnons de la Libération. « Je voudrais d'abord vous informer du décès d'Hubert Germain, notre dernier compagnon vivant de la Libération (...) C'est un moment important de notre histoire. Je voudrais avoir une pensée émue pour lui, pour sa famille et pour ses frères d’armes qui nous ont quittés depuis longtemps. C’est un moment important de notre histoire », a-t-elle déclaré, lors d'une audition devant la commission de la Défense du Sénat. Ce membre des Forces françaises libres sera inhumé dans la crypte du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien, près de Paris, le 11 novembre, lors d'une cérémonie nationale présidée par Emmanuel Macron au cours de laquelle il rendra hommage à Hubert Germain, qu’il a qualifié de « figure de proue de la France libre » ayant « incarné un siècle de liberté ». Seules 1 038 personnes ont reçu le titre de compagnon de la Libération.
Hubert Germain s’est engagé pour la France libre dès juin 1940, à l’âge de 20 ans. Alors en pleine préparation du concours de l’Ecole navale, au lycée Michel de Montaigne de Bordeaux, ce fils d’un officier général issu des troupes coloniales abandonne ses études pour tenter d’abord de gagner le Maroc et poursuivre le combat. Mais après avoir appris que l’Afrique du Nord ne rentrera pas dans la guerre, il gagne l’Angleterre aux côtés de troupes polonaises qui embarquent à Saint-Jean-de-Luz, le 24 juin 1940. Chef de section antichars, il se distingue lors de la bataille de Bir-Hakeim en juin 1942 et est cité à l'ordre de l'armée. Il combat ensuite en Égypte (El Alamein), en Tunisie, et débarque en Italie. Blessé à Pontecorvo, il est évacué sur Naples, où il est décoré de la croix de la Libération par le général de Gaulle fin juin 1944. Il participe au débarquement de Provence en août 1944. Arrivé sur la plage, il tombe dans le sable et « pleure comme un enfant » : « J'avais retrouvé mon pays. » Puis il combat pour la libération de Toulon, de la vallée du Rhône et de Lyon, prend part aux campagnes des Vosges, d'Alsace, et termine la guerre dans le sud des Alpes. Nommé aide de camp du général Koenig, commandant les forces françaises d'occupation en Allemagne, le lieutenant Germain est démobilisé en 1946.
Le vétéran, pensionnaire des Invalides, était le dernier survivant de l’ordre de la Libération créé par le chef de file de la France libre. Le dernier survivant du commando Kieffer honoré. Après la guerre, il sera notamment élu maire de Saint-Chéron (Essonne) de 1954 à 1965 et député de Paris entre 1962 et 1973. De 1972 à 1974, Hubert Germain est ministre des PTT sous Pompidou puis ministre chargé des relations avec le Parlement (mars-mai 1974). Il fut également Président de la société française de télédistribution de 1975 à 1982.
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