La chroniqueuse Hapsatou
Sy, qui officie depuis 2017 sur Canal+ Afrique, a
annoncé mardi sa démission du groupe télévisé qu'elle accuse de soutenir le
polémiste Eric Zemmour et d'être le relais de « certaines thèses
extrêmes ». « Un message pour vous annoncer que je démissionne de
toute fonction au sein du groupe Canal+ », écrit la chroniqueuse dans un
texte mis en ligne sur les réseaux sociaux. « Depuis maintenant deux ans,
je dois affronter des procédures judiciaires contre Eric Zemmour largement
soutenu par le groupe (...) et dont le procès aura lieu en septembre
2022 », affirme la présentatrice du magazine « Enquête d'Afrique »,
pour justifier sa décision. Pour elle, dans la guéguerre qui l’oppose à Eric
Zemmour, Canal+ y est fortement pour quelque chose. « Je me rends compte de
jour en jour que la chaîne est devenue une caisse de résonance des thèses
extrêmes à l’opposé de mes valeurs et de celles de la majorité des Français »,
écrit-elle avant de tancer la multinationale Bolloré, actionnaire majoritaire
du Groupe Canal+ qui pourtant est un maillon essentiel dans l’économie de
plusieurs pays africains. « Je n’arrive d’ailleurs pas à comprendre le
fait qu’un Groupe comme celui de Bolloré
fortement enraciné dans le paysage économique africain continue de se
compromettre avec cette tendance qui va à l’opposé de la philosophie
d’ouverture et de tolérance du Groupe », a-t-elle pesté.
Si l'animatrice a quitté le groupe Canal+, elle a souhaité remercier les téléspectateurs. « À ceux qui penseront ma décision tardive, il y a des raisons à tout cela. Merci à vous, qui m'avez fait l'honneur et l'amitié de me suivre. Notre aventure commune continue plus que jamais », a-t-elle ajouté. Suite à cette longue déclaration, Hapsatou Sy a reçu une vague de soutien. On peut ainsi lire : « Quand les valeurs prennent le pas sur tout le reste... Une grande dame, d'une élégance sans nom... » ; « Bravo à vous, ainsi qu'à tous ceux qui font des choix difficile pour garder leurs convictions et leurs valeurs ! » ; « Tu as tout mon respect et surtout mon soutien !!! Une grande femme !! »; mais aussi : « Il n'est jamais trop tard pour prendre une décision. Courage et force pour les procès à venir ! ».
Pour revenir à la genèse de cette affaire, c’était en septembre 2018, Hapsatou Sy a eu un échange tendu avec Éric Zemmour sur le plateau des Terriens du dimanche dans laquelle elle est chroniqueuse. Pendant cette émission, enregistrée le 13 septembre et diffusée le 16, Éric Zemmour affirme que « (la mère d'Hapsatou Sy) a eu tort de l’appeler par ce prénom » et que « plutôt que Hapsatou, elle aurait mieux fait de l’appeler Corinne. Ça vous irait très bien ! ». La suite de leur échange est coupée au montage car selon le producteur de l'émission « Éric Zemmour flirtait avec la ligne jaune, il y avait un fort risque de condamnation juridique »20. Le 18 septembre, Hapsatou Sy publie sur Instagram la suite de l'échange, filmée clandestinement sur l'écran de contrôle de sa loge. Dans cet extrait, on l'entend dire : « pour moi qui aime ma France, que j’aime ce pays, que ça vous plaise ou ça vous déplaise, je trouve que ce que vous venez de dire n’est pas une insulte à mon égard, c’est une insulte à la France », tandis qu'Éric Zemmour répond : « C’est votre prénom qui est une insulte à la France. La France n’est pas une terre vierge. C’est une terre avec une histoire, avec un passé. Et les prénoms incarnent l’histoire de la France ». Après avoir demandé une « sanction exemplaire » contre Éric Zemmour, Hapsatou Sy lance une pétition en ligne visant à « interdire de médias les personnes portant des messages d'incitation à la haine ». En quelques jours, cette pétition recueille plus de 200 000 signatures.
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