Isabelle Huppert, Marion Cotillard, Isabelle Adjani ou encore Léa Seydoux ne sont pas insensibles à la cause défendues par les femmes iraniennes. A l’instar de la Belge Angèle et les Britanniques francophones Charlotte Rampling et Jane Birkin, ces actrices et chanteuse ont coupé une mèche de cheveux face caméra, reprenant l’un des symboles du soulèvement en cours en Iran. Après quoi, elles ont lancé un message de soutien à la gente féminine de ce pays du Golfe Persique. « Le peuple iranien, les femmes en tête, manifeste au péril de sa vie. Ce peuple n’espère qu’un accès aux libertés les plus essentielles. Ces femmes, ces hommes, demandent notre soutien », affirment-elles dans un message écrit accompagnant la vidéo sur le compte Instagram « soutienfemmesiran ». Puis d’ajouter : « Leur courage et leur dignité nous obligent. Il est impossible de ne pas dénoncer encore et toujours cette terrible répression (…) Nous avons ainsi décidé de répondre à l’appel qui nous était lancé en coupant, nous aussi, quelques-unes de ces mèches ».
Bien avant cette action de protestation, plus d’un millier de personnalités du 7e art français, dont des vedettes comme Léa Seydoux, Isabelle Huppert et Dany Boon, des cinéastes renommés ou encore le patron du Festival de Cannes Thierry Frémaux avaient déjà appelé à « soutenir la révolte des femmes en Iran », dans une tribune transmise à l’AFP. Jusqu’à présent, le milieu artistique français s’était fait peu entendre sur le mouvement de contestation déclenché par la mort de Mahsa Amini à Téhéran. Mahsa Amini, une Kurde iranienne de 22 ans, est décédée le 16 septembre, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire strict de la République islamique qui oblige notamment les femmes à porter le voile. Sa mort a déclenché une vague de manifestations en Iran, violemment réprimée, et des rassemblements de solidarité avec les femmes iraniennes à travers le monde.
L’ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, a publié deux vidéos, l’une montrant apparemment des policiers iraniens à motos poursuivant des étudiants qui courent dans un parking souterrain, et l’autre, des policiers à moto emmenant des personnes dont la tête est recouverte de sacs en tissu noir. Dans une vidéo tournée, selon l’IHR, dans une station de métro de Téhéran, une foule scande : « N’ayez pas peur ! N’ayez pas peur ! Nous sommes tous ensemble ! ». Face à cette violence policière inouïe, le Centre pour les droits de l’homme en Iran (CHRI), basé à New York, s’est dit « extrêmement préoccupé par les vidéos provenant de l’Université Sharif et de Téhéran aujourd’hui, montrant une répression violente des manifestations ». Au moins 92 personnes ont été tuées en Iran par la répression depuis le début des manifestations selon l’IHR. Dans le même temps, le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a accusé les Etats-Unis et Israël ainsi que leurs « agents » d’avoir fomenté les manifestations. Le président iranien, l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi, a lui aussi accusé les « ennemis » de l’Iran de « conspirer » contre son pays.
494