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Empaquetage de l’Arc de Triomphe, une œuvre à titre posthume pour Christo

Conformément aux souhaits de l’artiste Christo, l’Arc de Triomphe sera bien empaqueté à l’automne. Le projet, en préparation depuis 2017, devait initialement être réalisé au printemps 2020. Repoussé une première fois pour des raisons écologiques, il a, par la suite, été compromis par le surgissement de l’épidémie de Covid-19. Le décès brutal de Christo en mai 2020 aurait pu porter un coup fatal au projet, mais celui-ci a été repris par son équipe, en coopération avec le Centre des monuments nationaux (CMN). La réalisation de cet empaquetage faisait partie des derniers vœux de Christo, et constitue autant un hommage à cet artiste de la démesure qu’une ode au déconfinement des arts. L’Arc de Triomphe empaqueté sera visible à Paris du 18 septembre au 3 octobre. Depuis la mi-juillet, les équipes emmenées par son neveu, Vladimir Yavachev, sont au travail.

Avec 25 000 m² de tissu recyclable couleur argent bleuté et 3 000 mètres de corde rouge, le projet dantesque de Christo va enfin être réalisé. Cet emballage, l’artiste bulgare l’avait imaginé avec son épouse, Jeanne-Claude, dès les années 1960. En 1962, il avait en effet réalisé un premier photomontage montrant l’Arc de Triomphe recouvert de tissu, et n’avait jamais oublié cette idée folle. Ce n’est qu’en 2017, huit ans après la disparition de celle avec qui il a réalisé toutes ses œuvres, qu’il avait décidé de mettre en marche ce projet d’empaquetage. À grand renfort de croquis, le recouvrement de l’emblématique monument parisien avait progressivement pris forme. L’empaquetage de l’Arc de Triomphe, financé par la vente de ses œuvres à hauteur de 14 millions d’euros et ne bénéficiant d’aucun financement extérieur, qu’il soit public ou privé, aurait dû être dévoilé au printemps 2020 mais divers événements, de la nidification de faucons à la crise sanitaire, ont repoussé sa mise en œuvre, si bien que Christo ne l’aura pas vu de son vivant. Décédé le 31 mai 2020, il a laissé derrière lui un œuvre aussi monumental qu’éphémère, à l’image de ce que s’apprête à accueillir l’Arc parisien.

L’Arc de Triomphe empaqueté ne sera ainsi visible que durant 16 jours, du 18 septembre au 3 octobre prochains, soit presque autant que lorsqu’il avait emballé le Pont-Neuf en 1985. Le 22 septembre de cette année, les parisiens s’étaient en effet réveillés face à cet étonnant empaquetage du plus vieux pont de la capitale. Trente-six ans plus tard, l’équipe de l’artiste va réaliser l’un de ses rêves les plus prodigieux, qui constituera sans aucun doute un « moment unique dans l’histoire de Paris », comme l’écrit le CMN dans un communiqué. Une chose est en tout cas certaine, cette réalisation monumentale signe bel et bien le déconfinement de la culture et des arts et la reprise du bouillonnement culturel de la capitale.