Le jury a accordé à la chroniqueuse 5 millions en dommages, dans un jugement qui pourrait hanter l’ex-président, alors qu’il fait campagne pour regagner la Maison-Blanche. Le verdict a été annoncé dans une salle d’audience fédérale à New York au tout premier jour des délibérations. Les jurés ont rejeté les allégations de Mme Carroll selon lesquelles elle avait été violée, mais ils ont déclaré Donald Trump responsable de l’avoir agressée sexuellement et d’avoir tenu à son égard des propos diffamatoires, lorsqu’elle l’a dénoncé publiquement. Dès l’annonce du verdict, Trump s’est immédiatement tourné vers son site de médias sociaux, affirmant à nouveau qu’il ne connaissait pas Carroll et qualifiant le verdict de « honte » et de « continuation de la plus grande chasse aux sorcières de tous les temps ».
Le résultat de ce procès constitue par ailleurs une validation pour Carroll, l’une des près de quinze femmes qui ont accusé Trump d’agression ou de harcèlement sexuel. Le juge de district Lewis A. Kaplan avait livré ses directives aux neuf jurés pendant environ une heure mardi matin. Le jury s’est ensuite retiré un peu avant midi et il a prononcé ses verdicts vers 15 h. Trump, qui n’a pas assisté au procès, a martelé dans un témoignage vidéo qu’il n’avait jamais agressé sexuellement Mme Carroll, il a même soutenu qu’il ne la connaissait pas. Le juge Kaplan avait expliqué aux jurés mardi matin qu’ils devraient décider d’abord s’il y avait plus de 50 % de risques que Trump ait violé Carroll dans une cabine d’essayage d’un magasin. S’ils répondaient oui à cette question, ils devraient décider si des dommages-intérêts compensatoires et punitifs devraient être accordés à la plaignante.
Mais même s’ils répondaient non à la question sur le viol, ils pourraient alors décider que Trump l’avait soumise à une agression sexuelle, impliquant des contacts sexuels sans son consentement ou des attouchements forcés pour la dégrader ou satisfaire ses pulsions. Dans l’un ou l’autre de ces cas, les jurés devraient décider si des dommages-intérêts étaient appropriés. Les allégations de diffamation découlaient par ailleurs d’une déclaration faite par Trump sur les réseaux sociaux en octobre dernier. Le juge Kaplan a expliqué aux jurés qu’ils devraient cette fois parvenir à une conclusion basée sur une prépondérance des probabilités plus élevée, « des preuves claires et convaincantes ». Cela signifie qu’ils devraient convenir qu’il était « hautement probable » que la déclaration de Trump était fausse et avait été faite de manière malveillante avec une intention délibérée de blesser, ou par haine ou par mauvaise volonté, avec une insouciance grave pour les droits de Mme Carroll. Dans ses plaidoiries finales, lundi, l’avocat de Trump, Joe Tacopina, avait déclaré au jury que le récit de Carroll était trop farfelu pour être cru. Il a soutenu que cette plaignante avait inventé cette histoire pour mousser les ventes d’un livre, en 2019, dans lequel elle a d’abord révélé publiquement ses allégations et dans le but de dénigrer Trump pour des motifs politiques.
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