L'ex-ministre et homme d'affaires Bernard Tapie est décédé des suites d'un cancer, dimanche 3 octobre, à l'âge de 78 ans, entouré de sa femme, ses enfants, ses petits-enfants et son frère, présents à son chevet. « Il est parti paisiblement, entouré de sa femme, ses enfants, ses petits-enfants et son frère, présents à son chevet. Il a fait part de son souhait d'être inhumé à Marseille, sa ville de cœur », a fait savoir sa famille biologique dans un communiqué publié dans La Provence. Suite à cette annonce brutale voire déchirante, le Premier ministre Jean Castex a salué la mémoire de l’illustre disparu. « La première image qui me vient c'est celle du combattant, pour ses idées, ses convictions. Il a toujours été très engagé contre l'extrême droite, mais surtout pour des causes, son club, sa ville, l'entreprise aussi. Bref un homme très engagé qui a tout donné et je crois qu'on l'a vu aussi contre la maladie. Il a lutté pied à pied, comme le combattant qu'il a toujours été. Je m'incline à la mémoire de Bernard Tapie », a déclaré le chef du gouvernement à la presse.
Sur LCI, le maire de la cité phocéenne Benoit Payan a annoncé qu'un hommage populaire sera rendu cet après-midi devant le stade Vélodrome. Une chapelle ardente devrait également être ouverte dans l'enceinte : « C'est quelque chose qui compte pour lui (...). Ce stade est un endroit où on a communié, où on s'est rassemblé, où on a eu des émotions très fortes et où il a beaucoup compté ». Président de l'OM en 1993 quand le club a remporté la Ligue des champions, Bernard Tapie sera inhumé à Marseille. Adulé ou détesté, Bernard Tapie, l’homme aux multiples facettes, symbole des années glorieuses de la France, a marqué son temps en tant que chanteur, businessman, patron d’Adidas et de l’OM, ministre, taulard, comédien.
Décédé ce dimanche à 78 ans des suites d’un cancer, Bernard Tapie laisse dans la conscience collective l’image d’un homme perpétuellement empêtré dans les affaires judiciaires. Les châteaux de Bokassa, l’affaire Testut, la revente d’Adidas au Crédit Lyonnais, la fraude fiscale liée à son yacht « Le Phocéa ». Cette dernière a d’ailleurs permis la rencontre de l’homme d’affaires et d’Eva Joly. Qu’à cela ne tienne, Tapie est monté trop vite, trop haut, il a tapé trop fort, humilié ses adversaires, triomphé sans scrupule. Il a laissé derrière lui des ennemis par centaines. Sans parler des médias, avec lesquels ses relations sont fluctuantes. Il y a les journalistes dont il a su obtenir les faveurs, à coup d’infos plus ou moins vraies et de voyages gratuits. Et il y a tous les autres, ceux qu’il a agressés, verbalement ou physiquement. Cependant, son dernier combat judiciaire de Bernard Tapie aurait dû se solder mercredi 6 octobre. Dans trois jours donc. Alors qu'il avait été relaxé en première instance, la cour d’appel de Paris s’apprêtait à rendre son jugement dans ce dossier complexe. Le 2 juin dernier, le parquet général avait requis 5 ans d’emprisonnement avec sursis pour complicité d’escroquerie et détournement de fonds publics mais l’homme d’affaire, très affaibli par son cancer, avait renoncé à assister à son procès. Il s'est donc éteint en restant innocent dans ce dossier.
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