Le journaliste français originaire de Martinique Olivier Dubois, enlevé par des groupes armés au Sahel il y a près de deux ans, a été libéré lundi, selon un journaliste de l'AFP et un représentant du journal Libération où il travaillait. C'est un Olivier Dubois en apparente bonne forme en enfin libre qui a atterri à l'aéroport de Niamey. Il a été libéré avec l'humanitaire américain Jeffery Woodke détenu depuis 2016. Il a été le premier ressortissant français à être pris en otage par des rebelles au Mali depuis que la travailleuse humanitaire française Sophie Petronin a été libérée en octobre 2020. Elle avait été enlevée près de Gao au Mali fin 2016. Des dizaines de combattants rebelles ont été libérés en 2020 dans le cadre d'un accord d'échange de prisonniers qui a libéré Petronin, un haut responsable politique malien et deux Italiens. Dubois a travaillé pour Libération et le magazine Le Point, deux publications basées en France. Il était apparu dans une vidéo début mai 2022, appelant les autorités à tout faire pour le libérer des groupes armés qui le retenaient. « Nous sommes profondément soulagés et heureux de ce résultat », a déclaré le directeur de Libération, Dov Alfon.
Le ministère français des Affaires étrangères n'a pas confirmé dans l'immédiat la nouvelle de sa libération. Les civils français sont depuis longtemps des cibles privilégiées pour les enlèvements par des groupes criminels et islamistes dans la région aride du Sahel en Afrique de l'Ouest, en partie à cause de la perception que le gouvernement français est prêt à payer des rançons pour garantir leur libération.
La France a nié à plusieurs reprises avoir payé des rançons pour des otages. Les militants islamistes ont déclaré à plusieurs reprises que les citoyens français d'Afrique de l'Ouest étaient des cibles depuis qu'une intervention militaire de la France en 2013 a repoussé les groupes liés à Al-Qaïda qui s'étaient emparés de villes et villages du nord du Mali un an plus tôt. Dans une vidéo le 5 mai 2021, Olivier Dubois expliquait avoir été kidnappé le 8 avril 2021 à Gao, dans le nord du Mali, par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance djihadiste au Sahel, liée à Al-Qaïda. Le chef de cette alliance, le très redouté Iyad Ag Ghali est derrière cet enlèvement. Le GSIM est aujourd'hui la nébuleuse djihadiste la plus puissante au Sahel. Elle a prêté allégeance à Al-Qaïda. En 2017, plusieurs groupes se sont en effet unis sous la même bannière. On y trouve Ansar Dine, crée en 2012 par Iyad Ag Ghaly, la katiba Macina, créée par Amadou Koufa en 2015 et Aqmi, Al-Qaïda au Maghreb islamique, dirigé par l'Algérien Droukdal jusqu'à sa mort en juin 2020 au Mali sous le feu de l'armée française.
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