Ce vendredi, le parquet de Paris a ouvert une enquête concernant « des faits susceptibles d’avoir été commis à Paris à l’égard d’une victime mineure » pour des chefs de viol et agression sexuelle visant Nicolas Hulot, a-t-on appris par voie de communiqué de presse. Les investigations ont été confiées à la brigade de protection des mineurs (BPM) de la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ). « Elles s’attacheront à déterminer si les faits dénoncés peuvent caractériser une infraction pénale et si, au vu de leur ancienneté, la prescription de l’action publique est acquise », précise Laure Beccuau, procureure de la République. Cette tournure vertigineuse dans ce dossier est la conséquence directe de la diffusion de l'enquête d'Envoyé spécial jeudi soir sur France 2 dans laquelle une femme, mineure au moment des faits, évoque des agissements inappropriés de la part de l'ancien ministre de l’Ecologie. La diffusion de cette enquête sur France 2 a suscité de l’engouement. 3.346.000 téléspectateurs se sont mobilisés pour la circonstance, un record pour le magazine.
Pour en venir à l’enquête, l’un des femmes raconte avoir, un soir, reçu un appel tardif de Nicolas Hulot « vers 23 heures. Je n'avais pas vraiment compris l'objet de son appel. Suite à ça, il m'avait envoyé un SMS pour me souhaiter 'bonne nuit' donc là j'avais compris que ce n'était pas un appel professionnel », a-t-elle relaté avant d’ajouter : « Quelques jours après cet échange, à l'issue du débat entre les candidats, une personne de son équipe est venue me voir spontanément pour me dire que je n'allais pas pouvoir faire partie de l'équipe de campagne parce que j'excitais trop le candidat ». « Meurtrie », « humiliée », Pauline Lavaud juge, avec le recul, que « les profils sont les mêmes, ce sont des jeunes femmes qui débutent leur carrière professionnelle, qui sont peut-être impressionnées par le personnage. J'ai eu de la chance ».
Mais du côté de la défense de Nicolas Hulot, la diffusion de l’enquête passe mal. Me Alain Jakubowicz s'est insurgé contre cette enquête qui selon lui « a voulu faire le procès de Nicolas Hulot et le condamner à vie », tout en dénonçant une « pratique absolument surréaliste » au moment d'évoquer l'échange téléphonique entre Elise Lucet et Nicolas Hulot, enregistré à l'insu de ce dernier et diffusé dans le reportage. Le conseil de l'ancien ministre a par ailleurs indiqué que la présentatrice avait initialement accepté de montrer le reportage au mis en cause en vue de sa venue en plateau, avant de finalement se rétracter. S'il a refusé de s'exprimer dans l'enquête réalisée par « Envoyé spécial », Nicolas Hulot a tout de même répondu à l'appel d'Elise Lucet, qui l'a sollicité. Un échange d'un peu plus de six minutes dans lequel l'ancien ministre se dit « anéanti » par les faits évoqués par la journaliste : « on ne me foutra jamais la paix, c'est pas possible. Je ne sais pas de quoi il s'agit, je ne sais pas ». Il assure n'avoir « jamais eu de relations ambigües. Je veux dire, j'ai eu des histoires sans lendemain comme tout le monde ».
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