Une semaine après son premier concert donné au Bataclan à Paris, la méga star du reggae a donné rendez-vous aux mélomanes ivoiriens dans la mythique salle du Palais des Congrès de l’hôtel Ivoire à Abidjan, le vendredi 15 juillet. Ce concert VIP de l’icône mondiale du reggae a réuni des ambassadeurs accrédités en Côte d’Ivoire, certains membres du gouvernement et hauts cadres de l’administration ivoirienne, ainsi que des chefs d’entreprises. Ces derniers ne sont pas fait prier pour se défouler au fil des notes endiablées de Blondy et son orchestre le Solar System, sous le regard admiratif du Premier ministre Patrick Achi. Lui qui, à l’ouverture de ce concert s’était, émerveillé de le voir enfin se tenir. « Alpha Blondy est une icône mondiale, et nous lui sommes reconnaissants pour avoir pensé à ses fans de Côte d’Ivoire en leur offrant ce concert après 26 ans. » d’absence sur cette scène, avait-il notamment déclaré, qualifiant le chanteur de travailleur passionné qui représente un modèle de réussite pour la jeunesse.
Des propos loin d’adoucir l’ardeur militante de l’artiste engagé, resté droit dans ses bottes de « voix des sans voix ». Crâne rasé, combinaison blanche comme un astronaute et manifestement très remonté, Alpha Blondy vide son sac d’exaspération. Il crache le feu. Décrie. Fustige. Tire à boulets rouges sur ces « marchands d’armes » qui tiennent, selon lui, en otage l’ONU pour semer des guerres et écouler leurs armes. C’est tout le sens de l’opus « Pompier Pyromane » sur son nouvel album intitulé « Eternity ». Une chanson déjà adopté par les mélomanes qui l’entonne en chœur avec l’artiste encore plus virulent : « L’ONU est financée par les marchands d’armes, (…) ; il ne faut pas impliquer l’Afrique dans le train de la guerre ukrainienne ; (…) l’Afrique ne peut pas se payer le luxe de se faire la guerre », fustige-t-il devant un public en liesse.
Comme il fallait s’y attendre, l’actualité politique nationale et sous-régionale n’a pas échappé au rasta philosophe. L’auteur de « Politiki » décrypte la rencontre, la veille, entre le président ivoirien Alassane Ouattara et ses prédécesseurs, Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo, comme une lueur stabilité durable pour la Côte d’Ivoire. En chantant « Multipartisme », il appelle à l’union de tous ses frères et sœurs Ivoiriens autours de cet élan de décrispation de la vie sociopolitique nationale. Car « nous ne sommes pas obligés d’être dans le même parti politique, mais nous devons nous entendre ». « Cette rencontre (Ouattara-Bédié-Gbagbo) est comme l’homme qui marche sur la lune. Que cet amour continue pour la paix en Côte d’Ivoire », espère-t-il sous les vivats d’un palais des Congrès devenu carrefour des générations au fil d’une vingtaine de tubes hurlés en accord parfait avec l'auteur-compositeur plus que jamais jeune de ses 69 piges.
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